Des sapins et des citrouilles
En 1991, Stéphan Perreault transforme une terre de chasse de Saint-Georges-de-Windsor en plantant 2 000 arbres de Noël pendant qu’il travaille comme monteur de lignes chez Hydro-Québec. Aujourd’hui sa fille Viviane s’apprête à reprendre l’entreprise inspirée par le défi de trouver une harmonie entre tradition et rentabilité.
Tout commence en 1991, lorsque Stéphan Perreault transforme une terre de chasse à Saint-Georges-de-Windsor en plantation de 2 000 arbres de Noël. Monteur de lignes chez Hydro-Québec, il amorce cette aventure familiale qui atteindra, au fil des années, un sommet de 250 000 sapins.

Sept ans plus tard, l’entreprise élargit ses activités en ajoutant la production de citrouilles pour répondre à la demande. Cultiver des sapins est un travail au rythme lent. Les premières années sont déterminantes. L’entretien manuel des branches permet d’obtenir la silhouette recherchée des clients.

Il faut sept à huit ans pour qu’un arbre atteigne la taille idéale. L’entreprise familiale suivait au départ la tendance d’exporter la majeure partie de son volume vers les États-Unis, tandis qu’une plus petite quantité était vendue localement.

Recentrer l’entreprise
En 2001, l’entreprise s’installe à Val-Joli, la famille transforme alors une ancienne étable en kiosque offrant des produits locaux. La ferme s’est diversifiée en ajoutant d’autres productions végétales, comme le maïs sucré, le foin et le soja, ainsi que les petits fruits et citrouilles pour l’autocueillette. Elle entretient maintenant près de 50 000 arbres de Noël. Ce virage délaisse les grandes superficies de sapins pour miser sur l’agrotourisme. Le kiosque adapte son horaire aux saisons et propose une crémerie mettant en valeur les récoltes.

Préparer la relève
En 2020, Viviane, l’aînée de la fratrie, quitte sa carrière d’inhalothérapeute pour s’impliquer dans la ferme ayant déjà un bagage entrepreneurial. Elle poursuit en parallèle une formation en gestion d’entreprise agricole.
Ses parents accompagnent cette transition en améliorant les infrastructures afin d’axer le développement sur le nouveau modèle entrepreneurial. En écoutant Viviane, on perçoit une fragilité qui révèle l’exigence de la terre. Elle connaît les sacrifices de ses parents, les nuits sans sommeil, les années d’incertitude. Aujourd’hui, Viviane aspire à une vie plus équilibrée. Elle souhaite assurer la rentabilité de l’entreprise, consciente que la retraite de ses parents repose en partie sur ses efforts. Cette idée la suit, la motive et oriente ses choix pour l’avenir.
Agrotourisme et communauté
Stéphan et Sylvie se sont rapidement imposés comme pionniers de l’agrotourisme dans la région. L’initiative a débuté avec la visite d’une garderie à la ferme. Aujourd’hui, on accueille des écoles, des aînés et de nouveaux arrivants, tous désireux de mieux comprendre le monde agricole. Une fermette, avec ses animaux miniatures, offre une activité de découverte. La ferme porte les marques des gens qui l’ont construite. Les rangs témoignent des années de plantation de Stéphan et de son instinct pour choisir les bonnes terres.
Sylvie incarne la dimension relationnelle du lieu : elle reconnaît les habitués et suit les enfants qui grandissent d’une visite à l’autre. Des employés, dont des travailleurs étrangers temporaires présents depuis près de vingt ans, accompagnent le rythme saisonnier.
Dans ce cadre précis, Viviane prépare la suite, sans rompre avec le projet existant.










